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L’ACPM

 

Qui sont les vrais éteignoirs ?

Louis Cornellier
Le Devoir
samedi 24 novembre 2007

S’il est un discours qui m’insupporte au plus haut point, c’est bien celui selon lequel le Québec souffrirait d’immobilisme par la faute de militants frustrés qui s’acharnent à empêcher son développement. L’affaire est presque ironique. Les petits, se plaint-on, empêcheraient les gros de faire avancer le Québec, et ce, au détriment du bien commun. Il s’agit d’un renversement radical du discours de gauche : aux progressistes promoteurs qui ont à coeur l’avenir d’un Québec prospère s’opposeraient, suivant cette logique, des éteignoirs gauchistes dont l’idéologie engendre la pauvreté.

Dans Les Éteignoirs. Essai sur le « nonisme » et l’anticapitalisme au Québec, le professeur Marc Simard se fait le porteur de ce nouveau progressisme de droite. Selon lui, pulluleraient au Québec des opposants professionnels qui, animés par un anticapitalisme primaire, feraient avorter « tout projet de développement économique ». Pour justifier sa dénonciation des militants hystériques, Simard joue les éclairés. L’opposition citoyenne peut être bénéfique et « la critique est nécessaire dans une démocratie en santé », suggère-t-il, mais le problème est que nous assisterions, actuellement, à une tendance systématique qui rend cette opposition « néfaste et improductive ».

Sa démonstration insiste particulièrement sur quatre dossiers : le projet Rabaska, la construction de condos dans Saint-Henri, le projet Rupert et l’augmentation des droits de scolarité. Sans se rendre compte de la contradiction que constitue une telle conclusion, il finira par admettre que tous ces projets iront de l’avant. À quoi bon, alors, monter en épingle la capacité de nuisance de leurs opposants ?

C’est que Simard, au fond, qui prétend que « tout parti pris idéologique doit être écarté de ce genre de débat », mène une lutte… idéologique en faveur du libéralisme économique. Tout à sa vérité selon laquelle l’économie de marché est le seul système à même d’engendrer une saine croissance et un solide développement socioéconomique, il traque tous ceux qui remettent ce credo en question en les assimilant aux rétrogrades propriétaires québécois du XIXe siècle qui ont mené une bataille contre la taxe scolaire et, par conséquent, contre les écoles.

Pour défendre sa thèse, Simard n’hésite pas à tourner les coins rond. Il cite, par exemple, un sondage de L’Actualité dans lequel 32 % des répondants affirmaient ne pas être d’accord avec l’énoncé suivant : « La liberté d’entreprise et l’économie de marché constituent le meilleur système pour assurer l’avenir du monde. » Il en conclut « qu’un Québécois sur trois serait favorable à la mise en place d’un système économique non capitaliste, c’est-à-dire ne reposant pas sur l’entreprise privée ni sur l’économie de marché ». Cette conclusion est franchement abusive. En ajoutant une nuance à l’énoncé, par exemple en suggérant qu’une intervention étatique est nécessaire à la régulation de l’économie de marché, on aurait certainement obtenu un résultat différent. Aussi, se servir de ce sondage pour se désoler de l’anticapitalisme primaire de beaucoup de Québécois frise la malhonnêteté.

Pour reprendre une formule de Lionel Jospin, on peut affirmer que la plupart des Québécois disent oui à l’économie de marché mais non à la société de marché. Ils ne sont pas anticapitalistes primaires ; ils refusent le capitalisme primaire.

Des procédés douteux

Pour illustrer « le rapport ambigu à l’argent qu’entretiennent nombre d’intellectuels québécois », Simard use encore d’un procédé douteux en faisant d’un essai de l’anthropologue Denis Blondin le résumé du point de vue des intellectuels en général. Or, Simard le souligne lui-même, l’essai très critique de Blondin à l’égard du rôle de l’argent dans nos sociétés est « passé inaperçu ». Méchante influence !

Il faut dire que Simard fait une drôle de lecture des médias québécois. Il répète à quelques reprises, en effet, que « la gauche bien pensante » y tient le haut du pavé, voire qu’elle impose « son hégémonie dans le discours public et médiatique au Québec ». Ah oui ? Où ça ? Certainement pas à La Presse, au Soleil, au Journal de Montréal, à TQS ou à TVA. Au Devoir ? La gauche québécoise y a une voix, mais elle n’est pas seule. À Radio-Canada ? Homier-Roy, LeBigot, Maisonneuve, Desautels et Charette seraient-ils des gauchistes ? Soyons sérieux.

Or, en matière de débats socioéconomiques, être sérieux signifie, entre autres, reconnaître la nature nécessairement idéologique des diverses prises de position, ce qui n’exclut pas un devoir d’honnêteté. Idéologique, Simard l’est pleinement quand il déclare fausse l’affirmation selon laquelle les écarts de revenus entre les riches et les pauvres augmentent. Citant une recherche de Statistique Canada, Gilles Drouin, dans la Revue Notre-Dame d’octobre 2007, constate que les années 1990 ont vu la classe moyenne s’effriter vers le bas et « que l’écart entre les très riches et les très pauvres s’est agrandi entre 1989 et 2004 ». Citant lui aussi Statistique Canada, Éric Desrosiers, dans Le Devoir du 22 octobre, évoque « le grand fossé » et explique que la forte croissance économique des dernières années a carrément échappé « à presque la moitié de la population la moins riche ». Simard, lui, insiste plutôt sur le fait que les pauvres d’aujourd’hui sont moins pauvres que ceux d’il y a un siècle. Ce n’est pas faux, mais c’est court et tendancieux.

Son argumentation concernant les droits de scolarité n’est pas plus convaincante. Il affirme que des droits peu élevés constituent une injustice parce qu’ils ont pour effet de faire financer les études des futurs privilégiés par tous, dont la classe moyenne. Il cite même Bourdieu hors contexte pour appuyer son point de vue. Or, s’il est vrai que les diplômés tireront un bénéfice de leurs études, il est aussi vrai qu’ils contribueront grandement, par leurs compétences, mais aussi par leurs impôts, au bien-être socioéconomique et culturel de la collectivité. De plus, soutenir qu’une augmentation des droits de scolarité ne nuira pas à l’accessibilité universitaire au Québec est très contestable. Simard reconnaît lui-même que 12 % des étudiants en seraient affectés (ce n’est pas négligeable, dans une logique de croissance économique) et une récente étude du ministère de l’Éducation (voir Le Devoir, 24 octobre 2007) conclut à une baisse de fréquentation de 10 % en cas d’ajustement des droits sur la moyenne canadienne.

Souvent amusant quand il fait le portrait d’une certaine gauche-réflexe, mal dégrossie et adolescente, Simard l’est moins quand il assimile toute contestation qui n’est pas strictement libérale à de la réaction. Les éteignoirs, ne serait-ce pas plutôt ceux que la démocratie fatigue quand elle nuit à leurs intérêts de possédants soi-disant lucides ?

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louisco@sympatico.ca

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Les éteignoirs, Essai sur le « nonisme » et l’anticapitalisme au Québec

Marc Simard, Voix parallèles, Montréal, 2007, 158 pages

Source: Vigile

 

La MRC de Bellechasse réclame sa part

Les maires de la MRC de Bellechasse veulent leur part du gâteau dans le dossier Rabaska.

Les installations seront situées à moins de 200 mètres des limites de la MRC. Le port méthanier sera situé sur le territoire de la ville de Lévis qui a réussi à négocier avec les promoteurs des compensations financières de près d’un demi-milliard de dollars sur 50 ans.

La MRC de Bellechasse ne veut pas être en reste, indique le préfet Hervé Blais. « Une entreprise de cette envergure-là, c’est impensable qu’il n’y ait pas de retombées financières pour la région immédiate », dit-il.

La MRC de Bellechasse voudrait créer un fonds qui servirait à financer plusieurs projets, dont la construction d’une desserte en gaz naturel pour alimenter les entreprises de la région.

Le porte-parole de Rabaska, Simon Poitras, indique que les promoteurs ne veulent pas prendre d’engagements pour l’instant. « Une fois que le projet sera en branle, on va pouvoir faire des investissements dans la région et les projets de la MRC vont être regardés tout comme ceux des autres personnes qui nous fourniront des projets », dit-il.

Une des 20 municipalités de la MRC de Bellechasse, la ville de Beaumont, s’oppose au projet de port méthanier et poursuit Rabaska en Cour supérieure. Le préfet de la MRC ne croit pas que la poursuite judiciaire nuira à de futures ententes avec les promoteurs.

Source: Radio-Canada

 

Merry Christmas, Mr Kvistle de Calgary

Daniel Green
Journal de Montréal
09/12/2007 08h04

Grâce à vous, monsieur Harold N. Kvistle, 54 ans, de Calgary, passera un Noël joyeux. Imaginez!

Notre Hydro-Québec (H-Q) va lui donner un cadeau de 54 millions de dollars. Heureusement qu’Hydro-Québec a des provisions pour ce cadeau: ils vous ont augmenté de 15% en 3 ans!

Je vous explique. Monsieur Kvistle est l’heureux président de TransCanada Corporation, de Calgary en Alberta. TransCanada possède la centrale au gaz de Bécancour, qui produit de l’électricité et des gaz à effets de serre. Hydro- Québec lui achète de l’électricité pour les yeux de la tête, la plus chère au Québec.

Or, H-Q s’est trompée dans ses calculs. Elle a trop d’électricité. Et l’électricité, c’est comme les patates à la fin de l’été: il y en a tellement qu’elles ne coûtent plus rien. H-Q vend tellement d’électricité aux Américains que les prix ont chuté. On perd de l’argent. Alors, H-Q demande à TransCanada de fermer Bécancour pour un an. Monsieur Kvistle est d’accord: il a un beau contrat de 20 ans, il faudra le dédommager de 54 millions, juste pour 2008!

Gaz Métro

Mais c’est pas tout! Son amie, madame Brochu, présidente de Gaz Métro, en veut aussi ! Vous me fermez mon plus gros client, dit-elle. Alors, je veux être dédommagée, moi aussi. Ce sera 2,2 millions pour ne pas livrer de gaz à Bécancour. Comme on dit au Monopoly, passez Go, n’allez pas en prison et collectez 56,2 millions!

Mais H-Q avait prévu le coup! H-Q augmentera encore vos tarifs de 3% l’an prochain. Ça fait 15% de plus sur vos factures depuis 3 ans. Avec vos hausses, on peut dédommager toutes les gazières de l’Alberta!

Ça me chiffonne

C’est sûr, là-dedans, il y a deux petites choses qui me chiffonnent. La première: si Gaz Métro perd, avec Bécancour, son plus gros client, à qui va-t-on vendre les tonnes de gaz qui navigueront jusqu’à Rabaska et Gros Cacouna? Les ports méthaniers, ils vont roter du gaz invendu!

L’autre chose que je ne comprends pas: avec nos surplus d’électricité, pourquoi détruire les rivières Rupert et Romaine pour produire plus de mégawatts, vu que les économies d’énergie et les projets éoliens rajouteront encore plus de surplus? Ça en fait du watt en trop, ça monsieur! Ne devrait-on pas arrêter les bulldozers tout de suite à la Baie James?

En tout cas, moi, j’ai la solution. Avec tous ces watts de trop, je propose qu’on déclare le Québec capitale du sapin de Noël et qu’on décore toute la forêt boréale. En plus d’être joli, ça pourrait peutêtre allumer une ou deux lumières dans la tête de nos dirigeants…

Source: Le Journal de Montréal

 

Pipeline St-Laurent: Ultramar devra refaire ses devoirs

Martin Pelchat
Le Soleil
Québec

Après avoir fait la vie dure à Rabaska, la Commission de protection du territoire agricole renvoie maintenant à ses devoirs la pétrolière Ultramar, en remettant en question une bonne partie du tracé du pipeline de 250 millions $ qui doit relier sur 238 km sa raffinerie de Lévis et son terminal de Montréal-Est.

La CPTAQ formule une «orientation préliminaire défavorable» pour un segment du tracé du pipeline Saint-Laurent touchant 11 municipalités, soit Saint-Agapit et, dans la portion ouest, entre Saint-Germain-de-Grantham et Boucherville, sur la Rive-Sud de Montréal. Les commissaires concluent qu’Ultramar devra faire la preuve que le tracé qu’elle y propose est celui qui a le moins d’impact sur l’agriculture. Les parties disposent d’un délai de 30 jours pour réagir à ce premier avis et demander des audiences publiques à la Commission.

En revanche, la CPTAQ émet un avis préliminaire favorable pour 17 autres municipalités du tracé, dont Plessisville et Drummondville, dans les Bois-Francs. «Ce tracé ne serait pas sans conséquences sur l’agriculture, la sylviculture et l’acériculture, mais l’information soumise et la connaissance des milieux en cause amènent la Commission à conclure que les tracés alternatifs qui pourraient être envisageables dans ces portions de territoire ne réduiraient pas significativement l’effet de la demande sur le territoire et les activités agricoles», écrivent les commissaires.

La CPTAQ n’a pas encore formulé d’orientation pour le passage du pipeline dans quatre autres municipalités, dont Lévis, mais c’est parce que la demande, en ce qui les concerne, n’est pas encore jugée recevable. Pour ce qui est de Lévis, la Commission attend toujours un avis attestant de la conformité de la demande au règlement de zonage.

Le Soleil a tenté en vain hier d’obtenir une réaction d’Ultramar, qui a conclu en octobre 2006 une entente-cadre avec l’Union des producteurs agricoles (UPA) pour baliser la construction du pipeline. L’APPAF, une association de propriétaires agricoles, acéricoles et forestiers privés qui conteste le tracé du pipeline au nom de quelque 250 propriétaires touchés, s’est pour sa part réjouie de ce premier avis de la CPTAQ. «C’est de bon augure pour nous», de dire France Lamonde, sa vice-présidente. «Ultramar n’a pas tenu compte du moindre impact sur l’agriculture, mais du moindre impact sur son portefeuille», poursuit Mme Lamonde, dont l’association entend demander des audiences publiques de la CPTAQ.

Le pipeline projeté par Ultramar, qui a obtenu en septembre l’aval du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), doit transporter de l’essence, du mazout, du diesel et du carburéacteur à compter de 2009. Le tracé touche au territoire de 32 municipalités en zone agricole et implique quelque 600 producteurs. L’emprise du tracé est cultivée à 52 % et boisée à 44 %, dont 11 % d’érablières.

Rappelons que la CPTAQ avait émis, il y a quelques mois, un avis préliminaire défavorable au projet Rabaska à Lévis. Le gouvernement Charest a toutefois dessaisi la Commission du dossier pour donner le feu vert, cet automne, au projet de terminal méthanier.

Source: Le Soleil

 

L’art de décoder la « bullshit »

Revue de l’année des Zapartistes

par Andréanne Beaulieu

Pour savourer l’année qui s’achève dans tous ses hauts et ses bas, sans flagornerie, c’est avec les Zapartistes que ça se passe, alors que le groupe déballera son humour savoureusement politique, dans la revue de l’année « Zap 2007 », le samedi 22 décembre prochain à la salle Rolland-Brunelle. Comme le dit si bien un des membres en règle, François Parenteau, la matière ne manque pas quand il s’agit de s’indigner !
Rien n’échappera à ces éveilleurs de conscience, qui comptent passer au peigne fin tous les mois du calendrier 2007. « Nous passons, de façon chronologique, à travers les événements qui ont marqué l’année. Ce bilan aide à se rappeler. Il rend les gens disponibles à se demander ce qu’ils gardent de 2007 », explique François Parenteau.

Gros programme pour les Zapartistes qui mordront à belles dents dans l’actualité politique avec les Jean Charest, Stephen Harper, Stéphane Dion, Mario Dumont et même André Boisclair.

« Ce sont les sujets les plus importants et les plus intéressants qui mènent vers les personnages », de dire l’auteur et imitateur. Sans oublier les personnages incontournables qui peuvent apparaître sur scène à titre d’expert d’un sujet donné…

« On essaie de dénoncer et de faire ressortir l’absurdité de certains discours. On agit comme des décodeurs de « bullshit » », explique le Zapartiste. De ce groupe, complété par Christian Vanasse, Brigitte Poupart et François Patenaude, qui roule sa bosse sans subvention, le public peut être assuré d’un spectacle où toute vérité est bonne à dire. « Nous sommes complètement indépendants. On peut dire tout ce qu’on veut, mais ce n’est pas n’importe quoi ! », souligne François Parenteau.

La saga des accommodements raisonnables sera parmi les sujets incontournables de l’année, alors que le groupe a suivi de près ce dossier. « Il n’y a rien de tabou. Dans le spectacle, on va démontrer autant le racisme qu’il y a eu que l’absurdité de divers arguments présentés par certaines communautés. Tous les accents vont y passer ! ».

Grand observateur de l’actualité, François Parenteau mentionne que la commission Bouchard-Taylor demeure pour lui un des chapitres heureux de 2007. « Parmi les mémoires qui ont été déposés, peut-être moins couverts par les médias que les forums de citoyens, des gens ont fait des déclarations avec des nuances merveilleuses. Il est sorti de là de très belles choses. Je ne suis pas sûr que tous les pays pourraient faire une commission de ce genre en restant si pacifique ».

Cet optimisme, le membre des Zapartistes avoue devoir parfois travailler pour l’entretenir. « Le spectacle est une façon, en se rassemblant et en cherchant l’espoir ensemble, de retrouver cet optimisme, dont le public a aussi besoin ».

Parmi les coups de gueule de l’année, Parenteau relate le premier ministre Stephen Harper. « Il nous engage de plus en plus dans la guerre. Avec la faiblesse de Stéphane Dion, on est encore en Afghanistan. Pendant ce temps, on ne s’occupe pas de l’environnement ».

Parmi les autres thèmes abordés dans cette revue de l’année à l’humour bien affûté: le huard qui s’envole, les avions de Bombardier qui plantent, le climat qui se dérègle et le déséquilibre qui ne se règle pas, feu vert à Rabaska et algues bleues dans l’eau.

Source: L’Écho D’Autray

 

Développer tout en préservant les paysages du Québec

par Karine Desbiens

Les paysages font partie de beaucoup d’enjeux actuels. En outre, on n’a qu’à penser au projet Rabaska ou aux éoliennes. Parmi toutes les questions qu’ils soulèvent, un constat demeure: ils se transforment certes, mais sont loin d’être maîtrisés estime Chantal Prud’homme, architecte paysagiste venue présentée une conférence en marge de l’exposition «Habiter: les œuvres d’Isabelle Hayeur», au Musée national des beaux-arts du Québec.
Mme Prud’Homme - qui compte une trentaine d’années d’expérience dans le domaine de l’architecture de paysage - croit que bien des projets sont lancés à la hâte. Malheureusement, plusieurs d’entre eux sont mal adaptés au paysage. Selon elle, il manque de réflexion en amont. «Il faut préserver la qualité du lien culturel pour mieux ancrer le sentiment d’appartenance des gens qui vivent et contribuer à leur qualité», défend comme point de vue l’architecte paysagiste.
Signature paysagère à préserver
Mme Prud’Homme réfléchit aussi sur l’avenir des campagnes qui seront de plus en plus attrayantes d’ici cinq ans. En effet, un sondage effectué par la Société d’habitation du Québec montre que 35 % des propriétaires choisiront une résidence à la campagne contre 24 % à la banlieue. Là où le problème se pose selon cette architecte, c’est que le modèle des villes déteint sur les campagnes. Cela «gruge» l’identité de ces dernières.
«Je ne suis pas contre l’urbanisation, il s’agit d’un mode qui répond à une demande sociale. Mais je crois que nous devons plutôt nuancer notre manière d’habiter le territoire et trouver des solutions plus cohérentes avec les qualités du paysage et les signatures du paysage des différentes régions, villes et villages», souligne-t-elle comme élément de solution.
Réflexions et corrections nécessaires
Mme Prud’Homme estime que la ville de Québec peut servir de modèle. «Québec a la chance d’avoir accès à des équipes de professionnelles qui réfléchissent sur la qualité des paysages et qui font des actions pour cette qualité. En revanche, dans le reste du Québec, il y a très peu de moyens qui sont à la disposition des petites municipalités», remarque-t-elle.
«D’ici les 20 prochaines années, si des réflexions ne sont faites et des corrections apportées, lors de projets collectifs et individuels, on risque de perdre la personnalité qui caractérise le Québec. Notre mode d’occupation continuera de s’américaniser», croit Chantal Prud’Homme.

Le paysage est un sujet de préoccupation dans d’autres pays. En Europe, 28 gouvernements sont signataires de la Convention européenne du paysage adoptée en 2000. Elle permet d’assurer la qualité des paysages ruraux et urbains. La conférencière a conclu son exposé en se demandant si le Québec est un cancre concernant la protection de ses paysages. Si on se compare à ce qui se fait ailleurs, on serait tenté de répondre oui.

Source: Le Journal de l’Habitation

 

Du gaz naturel de la Russie acheminé au Québec

(INFO690) - L’Ambassadeur de la Russie au Canada confirme qu’il y aura du gaz naturel liquéfié qui sera acheminé au Québec, dès 2010, en provenance de la future usine de la Baltique de Gazprom.

Le premier ministre russe, Viktor Zoubkov, soutient aussi avoir reçu l’appui de Jean Charest lors d’une rencontre qui a eu lieu récemment à Ottawa.

Les Russes se disent très intéressés à signer des ententes d’approvisionnement à long terme avec les dirigeants de Rabaska ou de Cacouna.

Les deux directions se livrent actuellement une chaude lutte pour mettre la main sur ce contrat d’approvisionnement.

Depuis quelques mois, des membres des deux concurrents effectuent régulièrement des visites à Moscou pour négocier avec les dirigeants de Gazprom.

Source: Corus

 

Ottawa va rencontrer les autochtones

Par: Bernard Plante

Les autorités fédérales vont rencontrer la Première Nation Malécite de Viger (PNMV) dans le cadre du processus d’examen du projet Rabaska. Dans une lettre adressée au grand chef de la PNMV, Ernest-Daniel Nicolas, lettre datée du 6 décembre et dont nous avons obtenu copie, Dominic Cliche de l’Agence canadienne d’évaluation environnementale (ACEE) propose une rencontre qui aurait lieu à Cacouna au début du mois de janvier.

Les Malécites constituent une petite communauté autochtone. Ils sont un peu plus d’un millier et ses membres se concentrent dans le Bas-Saint-Laurent, notamment dans la région de Rivière-du-Loup. En vertu de jugements rendus par la Cour suprême, le fédéral est tenu de consulter les autochtones qui ont des prétentions territoriales avant de donner son aval à un projet de l’envergure de Rabaska.

Le rencontre devrait réunir des représentants de la PNMV, de l’Agence canadienne d’évaluation environnementale, du ministère des Transports et de Pêches et Océans Canada, deux ministères qui ont des responsabilités au dossier.

Le porte-parole de Rabaska, Simon Poitras, souligne que cette rencontre fait partie du processus normal d’examen environnemental, mais il souhaite que cette étape se déroule rapidement: «C’est sûr qu’on veut que ça se fasse le plus vite possible. On travaille le projet depuis avril 2004 et nous espérons que les premiers travaux pourront débuter au milieu de 2008», a-t-il dit en entrevue.

Échanges
Dans une lettre qu’il avait fait parvenir à l’ACEE en novembre dernier, le Grand Chef de la PNMV s’était montré froissé du peu d’empressement mit par les autorités fédérales pour honorer leurs obligations. Il soutenait notamment que la petite communauté s’attendait à ce que «la Couronne du Canada agisse avec honneur» dans ce dossier. Et il souhaite discuter des dossiers des projets de terminaux méthaniers (Rabaska et Cacouna) en parallèle.

Ernest-Daniel Nicolas indiquait que sa communauté n’avait pas les ressources financières pour engager ses propres experts et évaluer les résultats de certaines recherches archéologiques. Enfin, il soulignait préférer «pour l’instant» la voie de la négociation à celle des tribunaux.

Dans sa réponse au Grand Chef, Dominic Cliche l’ACEE écrit: «Nous prenons note des enjeux que vous avez soulevés en ce qui a trait aux ressources financières et humaines nécessaires pour bien évaluer et connaître les impacts de ce projet du point de vue environnemental et social, et pour faire des commentaires complets.»

Il dit aussi vouloir s’assurer que la PNMV aura «l’information nécessaire pour être en mesure d’évaluer les impacts du projet sur des droits revendiqués ou issus de traités.»

Source: Argent

 

Bellechasse veut des redevances de Rabaska

par Ludovic Côté

Au cours de la dernière séance du conseil des maires de la MRC de Bellechasse, le préfet Hervé Blais a confirmé que la MRC entreprenait des démarches pour la création, à partir de redevances annuelles versées par Rabaska, d’un fonds spécifiquement dédié au développement économique de Bellechasse.

M. Blais a expliqué que la MRC avait demandé une compensation financière substantielle et récurrente au président et chef des opérations de Rabaska, Glenn Kelly, étant donné que le site du futur port méthanier est situé à moins de 200 mètres des limites du territoire de Bellechasse. M. Kelly est peu enclin à accéder à la demande de Bellechasse, d’autant plus que Beaumont a refusé d’accueillir le projet.

Appuyé dans ses démarches par le CLD, la MRC de Bellechasse à transmis une série de lettres aux chefs des trois partis représentés à l’Assemblée nationale, au député Jean Domingue et à la mairesse de Lévis, Danielle Roy-Marinelli, dans lesquelles ils demandent au gouvernement du Québec d’exiger de Rabaska la mise en place du fonds.

Par ailleurs, la MRC a demandé à l’Assemblée nationale de pouvoir intervenir en commission parlementaire au mois de décembre, sur le projet de loi privé no 204 déposé par le député de Lévis, Christian Lévesque, et qui concerne les conditions devant être fixées à Rabaska pour l’implantation de son port méthanier. Pour plus d’information à propos du projet de loi: www.assnat.qc.ca

Source: La Voix du Sud